Trois pêcheurs, cinquante ans d'écart

BOBE pêche depuis plus de cinquante ans. Kevin Caron pêche sérieusement depuis 2022. Entre les deux, Kev B. lit l'eau et place le bateau depuis toujours. C'est l'écart qui fait l'équipe. BOBE traîne — lignes en arrière, vitesse ajustée, patience — et il cherche encore un doré de dix livres comme ceux qu'il sortait il y a quelques décennies. Kevin Caron travaille en finesse sur le Richelieu, présentations lentes et matériel léger. Kev B. passe de la finesse au power fishing selon ce que la journée demande. Trois façons de pêcher dans le même bateau. Les jours où l'une ne marche pas, il en reste deux.

Deux Princecraft, seize pieds et demi

Le bleu est un Holiday Wide 1996, poussé par un Mariner 40 forces. C'est le bateau équipé pour chercher le poisson : Garmin LiveScope. Le noir est son jumeau de 1995, mêmes dimensions, un Evinrude 25 et un ClearVü. Il appartient à Kevin Caron, et il est encore en chantier — plancher refait, coffres, porte-cannes, lumières de courtoisie, le tout sous un abri de toile dans une entrée, un jour de pluie. On n'a pas de bateau de tournoi à cinquante mille piastres. On a deux chaloupes de seize pieds et demi qu'on connaît par cœur.

Trois fois la Formule Brochet

2024, première participation : 53 pouces au total, 118e sur 313 équipes. 2025 : 55,25 pouces, 99e sur 329. Dix-neuf places gagnées, deux pouces de plus. 2026 : 55 pouces, 102e sur 309. On ne gagne pas. On n'a jamais prétendu le contraire. Mais chaque année, sur plus de trois cents équipes, à peu près une centaine repart sans une seule prise classable — et trois fois de suite, on n'était pas dans cette centaine-là. C'est ça, pour l'instant, notre palmarès. Il est petit et il est vrai.

Pourquoi ce site existe

Au départ on cherchait simplement quels tournois se tenaient au Québec, et quand. Il n'y avait pas de réponse à un seul endroit : des pages Facebook, des affiches, des sites d'organisateurs mis à jour une fois par année. Alors on l'a fait. Le répertoire compte maintenant 49 tournois partout dans la province, avec leurs dates, leurs frais et leurs formats — y compris ceux qu'on ne pêchera jamais. Le reste a suivi de la même manière. Les fiches d'espèce, parce qu'on voulait savoir à quelle profondeur et à quelle température viser un poisson, sans lire quarante pages de PDF sur un bateau. La page des saisons, parce qu'« est-ce que c'est ouvert » est une question à laquelle on doit pouvoir répondre en trois secondes, pas en cherchant dans un document de 44 pages. On a bâti ce qu'on aurait voulu trouver.

La relève

En février, sur le lac Champlain, R.C. a sorti sa première prise. Une perchaude de rien du tout, par un vent qui traversait la glace. Elle est retournée à l'eau avec toutes les autres de la journée. Elles étaient petites; on aime autant les revoir dans un an ou deux. C'est la première chose qu'on apprend ici, et c'est la seule qui compte vraiment.